Je crois n'avoir jamais assumé qui j'étais, j'ai toujours voulu être quelqu'un d'autre, quelqu'un que tout le monde pourrait aimer, quelqu'un qui ne se sentirait jamais seule. J'ai toujours pensé qu'un jour quelque chose d'extraordinaire allait m'arriver, que mes rêves allaient tout à coup se réaliser sans que j'ai besoin de lever le petit doigt, j'ai toujours voulu être une personne suffisamment spéciale pour que la vie se souvienne toujours de moi. Peut être que j'y crois toujours... La vérité c'est que j'ai peur. Peur de voir ma vie défiler devant moi comme on regarde passer un train dans lequel on voudrait monter, j'ai peur que ce train ne s'arrête jamais. J'ai peur de passer ma vie en vaines espérances, de croire en des chimère, d'être insignifiante, inexistante. J'ai peur que personne ne se souvienne de moi, de disparaître sans rien laisser. Tout le monde pense qu'en vieillissant on devient plus fort et plus courageux mais c'est faux, plus on vieillit plus la peur et le doute prennent possession de vous, à tel point que parfois on ne peut même plus respirer, que les larmes vous montent aux yeux sans raison, simplement parce que vous regardez une série télé et que vous pensez "jamais je n'aurai ça". J'ai passé ma vie (et je continu à le faire), à souhaiter ce que je n'aurai jamais, à aimer des gens que je ne rencontrerai jamais, je ne sais pas être autrement. Peut être parce petite, je me suis faite une haute idée de la vie, et que finalement j'ai été déçue de voir que mes idées étaient de simples utopies, que le monde est d'une banalité à mourir d'ennui, que rien n'éclaire jamais la vie de personne, que la vie de chaque individu, qu'il soit riche ou pauvre, moche ou beau, gros ou maigre est inutile, que rien ne sert à rien. Alors plutôt que de douter de tout j'ai choisi de croire, de croire et d'imaginer le monde que je voulais, celui qui me correspond. Dans ce monde mes amis vivent tous près de moi et pas à 800 km, dans ce monde je déborde d'assurance, dans ce monde je suis l'auteur préféré de toutes les générations, tous ces gens trouvent un peu de bonheur en lisant ce que j'écris... Dans ce monde il est près de moi et m'appelle "mon amour", dans ce monde je suis tout pour lui, dans ce monde les gens que j'aime ne meurent pas. Dans ce monde...
Pourquoi je vous raconte tout ça? Peut être parce que je sais que personne ne lira jusqu'au bout, mis à part deux ou trois personnes, peut être parce que ça m'aide à me rendre compte que la banalité de ma vie est indigeste au point que j'en ai la nausée. J'ai des fois besoin de souffrir, de sentir la douleur se propager en moi jusqu'à ce que je ne puisse plus la contrôler, qu'elle explose, que je pleure jusqu'à ne plus sentir la moindre goutte d'eau en moi, jusqu'à sentir que le désespoir s'est plus ou moins épuisé et que je vais pouvoir sourire à nouveau. Des fois j'ai besoin de penser à lui si fort que je pourrais sentir mon coeur s'effriter, se décomposer tellement il me manque, des fois j'ai l'impression d'entendre mon coeur hurler pour combler le vide de son absence. Je n'ai jamais eu de longues histoires d'amour, et même des courtes je n'en ai pas eu beaucoup et depuis longtemps, j'en suis presque arrivée à penser que ça n'existait pas, que l'amour c'est comme le père Noël, quelque chose que l'on fait croire, que l'on vend, que l'on exploite mais qui finalement n'existe que dans l'imagination des humains. Le seul qui a la réponse à mes doutes c'est lui, le seul qui peut mettre fin à mes névroses c'est lui, j'ai le sentiment que cela a toujours été lui, comme si je le connaissais depuis l'aube des temps. J'ai besoin de lui, de souffrir à cause de lui, de rire grâce à lui, sans lui je serais anéantie au jour d'aujourd'hui, sans le savoir il a été ma bouée de sauvetage, ma boussole. Cet instant est arrivé et ce fut comme si plus rien ne comptait, comme si la terre avait cessé de tourner et que toutes les aiguilles s'étaient arrêtées, certains ont pu penser que je vivais ça plutôt bien, ont même pu être impressionné que je tienne aussi bien le choc, que je ne fonde pas en larmes toutes les cinq minutes, la vérité c'est qu'une partie de moi a cessé d'exister ce jour là, le samedi 12 décembre 2009 n'est pas seulement le jour du décès de ma Grand-Mère, c'est aussi le jour où j'ai perdu une partie de mon coeur, c'est une blessure que rien ni personne ne pourra jamais guérir, un poison qui coulera dans mes veines jusqu'à ma mort. Quand quelqu'un représente tellement pour vous et que du jour au lendemain il n'en reste que des cendres vous prenez la réalité en pleine gueule. C'est pas plus compliqué que ça : Quand vous donnez la vie vous promettez la mort et la souffrance, c'est la seule et unique certitude que vous donnez à votre enfant, il verra des gens mourir, il souffrira et mourra. La vie doit-elle se résumer à ça? Des pleurs à la naissance, des pleurs de douleurs et mourir? A ce compte là autant en finir tout de suite non? Je ne serai jamais une auteur populaire, je n'aurai jamais de villa près de Madrid, je ne le rencontrerai jamais, je ne vivrai jamais dans l'opulence. Prétendre le contraire serait de la bêtise, et je ne suis pas bête, je suis simplement ravagée, aussi bien dans ma tête que dans mon coeur, je préfère écrire que parler, je préfère l'aimer lui qu'un autre, je préfère dire que tout va bien alors que rien ne va, je préfère crever que de ne jamais l'avoir connu, je préfère regarder les matches de mon club et pleurer pour un but que de sortir en boite et écouter de la merde, je le préfère lui à la réalité.
I long to see you in the night
Be with you 'til morning light